Planification familiale:L’Afrique à la recherche de bonnes pratiques Imprimer
Les participants vont pendant deux jours, partager les découvertes scientifiques en matière de planification familiale.Kampala, la capitale ougandaise, abrite du 15 au 18 novembre 2009, la conférence internationale sur la recherche et les meilleures pratiques en matière de Planification familiale (PF). Ouverte par la première Dame, Janet Museveni, la conférence doit faire le point de la recherche sur la question, afin de repositionner la PF par l’utilisation des meilleures pratiques.
Le repositionnement de la planification familiale est actuellement une question d’actualité. A Kampala, plus de 1200 éminents décideurs, chercheurs, universitaires, professionnels de la santé, venus de cinquante neuf pays du monde vont partager les dernières découvertes scientifiques. Le but recherché est de recentrer l’attention du monde sur la contribution de la planification familiale au développement. L’ouverture des travaux a été donnée par la première Dame de l’Ouganda, Janet Museveni. Engagée dans les questions de santé de la reproduction, elle a indiqué qu’elle a passé 5 ans à parcourir son pays pour mettre en place des cellules de réduction de la mortalité maternelle. Le taux de mortalité maternelle en Ouganda est de 435% pour 100 000 naissances. «La situation de l’enfant et de la mère reste une préoccupation en Afrique. Il est inadmissible que le taux de mortalité maternelle soit trop élevé. Les hommes doivent s’impliquer dans les questions de planification familiale et non pas se limiter dans leur rôle de conception», a lancé Mme Museveni.
Les acteurs s’accordent à reconnaître que la planification contribue à l’atteinte des objectifs du développement. En permettant à chacun de choisir quand avoir des enfants, la planification familiale sauve des vies, évite des grossesses non desirées et empêche de nouveaux décès des mères et d’enfants, ainsi que des avortements.

Par ailleurs, la PF permet d’économiser des ressources du secteur public. Dans cet ordre d’idée, chaque dollar dépensé par un gouvernement pour la prestation de services de planification familiale permet d’économiser 2 à 6 dollars sur d’autres interventions, notamment en réduisant le nombre d’enfants ayant besoin de services de santé et d’éducation de base, en économisant des services de santé maternelle et en améliorent les service d’eau et d’assainissement. Toute chose qui a fait dire à Werner Haug, directeur de la division technique de l’UNFPA que «Donner à tous un accès à la planification familiale volontaire sauve des vies et peut aider à briser le cycle de la pauvreté, ralentir la croissance démographique et relâcher la pression exercée sur l’environnement.

C’est un investissement rentable dans le développement». Malheureusement, plus de 200 millions de femmes dans le monde cherchent actuellement à différer ou éviter une grossesse, mais elles n’y arrivent pas. C’est ce qu’on appelle les besoins non satisfaits. Ils résultent du manque d’information, de la crainte de s’exposer à la réprobation sociale ou à l’opposition du mari et des inquiétudes liées aux effets secondaires des contraceptifs ou de leur impact sur la santé. Les études montrent que dans certains pays, ces femmes sont plus nombreuses que celles qui utilisent la PF. Et l’ONU estime qu'en 2050, la demande de contraception augmentera de 40%, car un nombre-record de jeunes entrera dans la vie procréative.

A l’ouverture de la conférence, les intervenants, la première Dame, les représentants de l’UNFPA, de l’Université de Makerere, John Hopkins Bloomberg school, de l’OMS, de la Fondation Bill et Melinda Gates ont tous appelé les gouvernements, les organisations de la sociète civile à assurer l’accès universel à la santé reproductive d’ici à 2015 et à mettre au service de ce but, un engagement politique et des investissements nécessaires.

La conférence internationale sur la planification familiale : recherche et meilleures pratiques est soutenue par plus de 30 organisations. Elle est co-parrainée par l’Institut Bill et Melinda Gates, de l’école de santé publique Bloomberg de l’Université Johns Hopkins et l’Université Makerere. Bill Gates a été représenté par son fils. Après un message diffusé de son père, il a indiqué que la PF est une priorité de la fondation Bill et Melinda Gates depuis 1985 et croit fermement que l’accès universel à la santé et à la PF est essentiel pour l’avenir.

Boureima SANGA
Envoyé spécial à Kampala en Ouganda